Guide pratique
Les 7 erreurs de pricing qui coûtent le plus cher aux commerçants
Raisonner en TTC, copier le voisin, oublier la perte, laisser dormir ses prix : 7 erreurs de pricing vues (et parfois faites) derrière un comptoir — et le bon réflexe pour chacune.

À force de fixer des prix — d'abord en regardant mes parents vendre sur les marchés, puis dans nos deux boutiques — j'ai eu le temps de faire quelques erreurs de pricing moi-même, et d'observer les autres chez des confrères de tous les métiers de bouche. Ce sont presque toujours les mêmes sept. Aucune n'est spectaculaire ; c'est précisément pour ça qu'elles coûtent cher : elles ne font aucun bruit.
Les voici, de la plus répandue à la plus sournoise — avec, à chaque fois, ce qu'elle coûte et le réflexe qui la corrige.
Erreur n° 1 — Raisonner en TTC : le « faux fois 2 »
C'est l'erreur que je vois le plus souvent, surtout au démarrage. On achète un fromage 10 € HT le kilo, on se dit « je fais fois 2 », on affiche 20 € TTC. Sauf que ces 20 € contiennent la TVA : le coefficient réel est de 1,90, pas 2 — environ 47 % de marge au lieu des 50 % visés. Et on peut tenir six mois comme ça, persuadé d'appliquer sa politique, pendant que trois points de marge s'évaporent sur toute la vitrine.
Le réflexe : le TTC est un prix d'affichage, jamais un prix de calcul. Tout se calcule en hors taxe, la TVA s'ajoute au moment de l'étiquette. On a détaillé le mécanisme complet — et l'étage supplémentaire du piège quand la boutique mélange des TVA à 5,5 et à 20 % — dans le guide du coefficient multiplicateur.
Erreur n° 2 — Copier les prix du voisin
C'est tentant, et ça a l'air prudent : s'aligner sur le confrère d'en face, au moins on n'est « pas plus cher ». Mais son prix reflète ses coûts d'achat, ses pertes, ses volumes, ses objectifs. Vous n'en connaissez aucun. Copier son prix, c'est importer ses contraintes — et parfois ses erreurs — dans votre boutique.
Le réflexe : regarder les concurrents pour se situer, jamais pour se fixer. À l'ouverture, j'ai fait du calcul inverse sur les prix des confrères pour estimer leurs marges et comprendre mon marché — puis j'ai posé mes prix depuis mes propres coûts et ma propre marge cible.
Erreur n° 3 — Ne pas compter la perte dans le prix de revient
Le kilo facturé par le fournisseur n'est pas le kilo que vous vendez. Sur un produit à la coupe, entre le séchage, les talons, la casse et la dégustation, une partie de ce que vous payez ne passera jamais sur la balance — chez nous, 2 à 3 %. Calculer sa marge sur le prix d'achat facturé, c'est se raconter une marge qu'on n'a pas.
Le réflexe : prix de revient = coût total ÷ kilos réellement vendus. On a déroulé le calcul complet sur une vraie meule de comté — achetée 15,48 € HT le kilo, revenant en réalité à près de 16 € — dans le guide du prix de revient à la coupe.
Erreur n° 4 — Marger pareil sur tout
Appliquer un coefficient unique à toute la boutique paraît rigoureux. C'est en réalité une double erreur : trop rigide sur certains produits qui mériteraient un ajustement pour tourner, et trop timide sur d'autres qui pourraient porter davantage. Au sein d'une même famille, la rotation, la perte et ce que le produit « peut porter » varient énormément.
Le réflexe : un coefficient de famille comme cap, et des ajustements produit par produit en connaissance de cause — l'objectif étant une marge globale cohérente en fin de mois, pas la pureté du tableau. Nos coefficients réels, famille par famille, sont dans le guide des taux de marge en fromagerie.
Erreur n° 5 — Être gourmand sur les produits « repères »
Le beurre, la crème, les œufs, la baguette : les clients connaissent ces prix par cœur. Les marger fort rapporte quelques centimes — et peut coûter la réputation-prix de toute la boutique : un client qui trouve le beurre trop cher ne se dit pas « le beurre est cher ici », il se dit « cette boutique est chère », et il le dit autour de lui.
Le réflexe : accepter une marge basse sur les produits de première nécessité, comme un investissement d'image — et laisser les produits à forte valeur, eux bien margés, faire le résultat. C'est le client venu pour la crème qui repart avec le comté d'exception.
Erreur n° 6 — Sous-pricer les produits d'exception
L'erreur symétrique, et je l'ai faite : vendre un produit rare moins cher qu'il ne le mérite, par peur d'afficher un « gros » prix. C'est perdre deux fois. De la marge, d'abord. Et le message, ensuite : sur un produit dont la valeur est réelle, un prix élevé et assumé raconte la qualité — le client lit « premium », pas « arnaque ». Un prix timide sème le doute au lieu de la confiance.
Le réflexe : quand la valeur est là — affinage long, petit producteur, pièce rare — la faire payer à son juste niveau, et savoir la raconter. Détail qui compte à ce niveau de gamme : un prix rond fait souvent plus qualitatif qu'une terminaison en ,99, qui renvoie aux codes de la grande distribution.
Erreur n° 7 — Laisser dormir ses prix
La plus chère de toutes, parce qu'elle travaille contre vous en continu. Les hausses fournisseurs arrivent toute l'année, en désordre, souvent sans annonce — un produit qui prend 6 % sur une ligne de facture ne prévient personne. Chaque hausse non répercutée abaisse mécaniquement votre coefficient réel : vous croyez appliquer 2,2, vous êtes à 2, puis à 1,9. Aucun client ne se plaindra jamais de cette erreur-là.
Le réflexe : traiter la revue de prix comme une routine, pas comme un événement. Petites touches régulières, famille par famille, en commençant par les produits à fort volume — la méthode complète, étape par étape, est dans le guide pour répercuter une hausse fournisseur.
Le point commun des sept
Relisez la liste : aucune de ces erreurs ne se voit au comptoir. Elles ne déclenchent ni plainte client, ni alerte en caisse — elles ne se révèlent qu'en comparant la marge visée à la marge réelle, famille par famille. C'est exactement ce que la plupart des indépendants ne peuvent pas faire, faute d'outil : de tête, tout va toujours à peu près bien.
C'est le problème qu'on a fini par résoudre pour nos propres boutiques en construisant PrixParfait : les coûts d'achat qui se mettent à jour à chaque facture importée, les coefficients cibles par catégorie, et l'écart visé/réel visible en un coup d'œil. Pour commencer plus simplement, le calculateur de marge gratuit permet déjà de vérifier un prix — TVA comprise, dans les deux sens, sans créer de compte.
Ce qu'on nous demande souvent
Créé par un commerçant
Louis Lemercier
Fromager au Mas du Trident, à Vauvert et Saint-Dionisy — créateur de PrixParfait
Essayez PrixParfait sur vos propres produits
14 jours d'essai complet, sans carte bancaire. Importez une facture, vérifiez vos marges, imprimez vos étiquettes — et jugez sur pièces.
Créer mon compte gratuitement